STABAT MATER FURIOSA
Jean-Pierre Siméon


STABAT MATER FURIOSA

 

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RÉSUMÉ

Elle se tenait là, la Mère douloureuse. Mais aujourd’hui, dans le soleil vertical de la destruction, ce n’est plus elle, mais toutes les autres. De l’ancienne, la douloureuse, pas de nouvelles. La guerre aura fini par l’avoir. Sa douleur ressemblait trop fort à un consentement, elle portait trop fort la marque d’un autre.

Mais celles qui se sont avancées se tiennent là, et leur immobilité n’est pas la défaite, mais le mot de leurs corps contre le train des paroles et contre la colonne des chars. L’éclair caverneux des balles, la pénétration des viols, leur ont au moins donné, à ces corps, le secret des arrachements. Il faut arracher les raisons, quand toutes les raisons mènent à la guerre. Il faut arracher la mémoire, quand toute la mémoire rend les gestes de la guerre.

La tendresse ? Il y a cette évidence, et il y a cette évidence : que la tendresse est ce qui rend le monde, et que la tendresse est ce qui perd le monde. Et comment vivre, dans cette incertitude de se sauver ou de se perdre ? Dans leur colère, pourtant, il y a déjà la couleur : les jeux au crépuscule, les cache-cache parmi les ruines, les longues heures de la timidité. À enfanter l’enfance, elles se retrouvent mères… Leur regard immobile a déjà commencé à faire la théorie des nuages.

– CG –

NOTES

Qu’est-ce qu’être responsable de la guerre ?
À quel degrés le sommes nous  ?

Ce texte n’apporte pas de solution pratique, ni de leçon d’attitude, il offre à voir. Nous voulons l’art comme exutoire.  La générosité et la transparence. Ce sont trois corps pour mille femmes qui traverse la haine, l’angoisse et la colère. La foi en l’homme ébranlée, elles tentent un ultime retour à la paix par le pardon et le rêve.

Ce que nous faisons aujourd’hui, c’est tenter la grâce d’un pardon impossible. Retrouver son enfance pour tenter un geste dénué de tout. Un geste pur que les religions, les politiques et les gouffres sociaux ne viendront jamais entacher. Au centre du chaos et de la mort trône la poésie.

Nous partons d’une fête fausse qui ne parle plus à personne pour chercher à créer notre temps de commémoration. Pour ne pas oublier nos deuils, nos manques et conserver avec douceur notre mémoire pour tenter de changer notre monde. Nous le souhaiterions plus lumineux, plus calme, dans lequel les hommes pourrait se sourire sans honte de leur passé commun.

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa – TC –


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Stabat Mater Furiosa AMAB Tous droits réservés 2016

STABAT MATER FURIOSA

texte de Jean-Pierre Siméon

mise en scène Théophile Charenat

avec Valentine Bellone, Louise Luck
et Tilly Mandelbrot

participation artistique
Gëna David, Éléonore Rouland
Violette Vaisse, Thomas Heliot
Louis-Valentin Lévèque
Quentin Zuttion, Florestan Botthé
Kornel Benkovic, Alexis Ramiro Bravo

remerciements
Remy Chevillard, Matthis Durand, Arthur Cosnefroy
Hugo Henner, Thomas Brzustowski, Claire Berriet
Clément Girardi, Solène Héliot, Léa Anderson
Valentine Monserand

ESPACE PROFESSIONNEL / PRESSE